2018

            Cette année a été une année très difficile sur plusieurs plans, mais aussi très belle en même temps. Je ne sais pas trop quoi en penser encore. Je pense que c’est une bonne année, parce que ma vie a changé pour le mieux dans les derniers mois et que je me sens plus vivante que jamais auparavant. Un peu moins cette semaine, d’accord, parce que j’ai une affreuse sinusite.

            Ça a commencé avec le cancer du chien qui m’a beaucoup inquiétée, mais dont il s’est très bien remis finalement. Ensuite moi aussi, j’ai eu des problèmes de santé dont je pense m’être assez bien remise, mais qui m’ont fait peur parce que je n’avais jamais eu mal comme cela auparavant. Quelqu’un a trouvé le moyen de me tourner en ridicule parce que j’étais vraiment inquiète, au lieu de comprendre que j’étais vraiment inquiète parce que je n’avais jamais ressenti ça avant… et parce que je connais une personne qui est morte dans la vingtaine d’une tumeur au cerveau… donc avoir un mal de tête d’une intensité jamais connue 24h sur 24 pendant deux semaines, un mal de tête que même la morphine ne faisait pas passer… c’était crissement inquiétant pour moi. Le chien aussi, ça m’a fait paniquer… parce que c’est lui, ma famille, et que je n’étais pas prête à le perdre si tôt… maintenant j’ai plus conscience de sa mortalité et ça ira le jour où ça arrivera, même si je serai triste, oui.

            J’en retiens que j’aimerais que les gens posent plus de questions au lieu de juste juger et tourner en ridicule ce que les autres vivent. Je vais essayer de m’entourer de personnes qui font cela, qui posent des questions et s’intéressent à vous. Je vais essayer d’être une personne comme ça, parce que c’est important pour moi. Je pense que je le fais, assez souvent, mais je pense que je peux quand même m’améliorer en 2019.

            C’est aussi une année où j’ai arrêté de parler à mes parents pour la deuxième fois. J’avais arrêté en 2010, puis en 2016, mon père a eu un cancer et j’ai recommencé à parler un peu à ma mère qui était inquiète… Je l’ai fait pour être gentille plus que parce que j’en avais réellement envie. Ça s’est mal terminé. Depuis deux ans, ma mère cherchait sans arrêt des moyens de me faire venir à la maison. Elle évoquait par exemple mon oncle qui, mourant, aurait dit qu’il voulait me revoir, ou des histoires comme celle-là. Le problème avec ça c’est que parce que mon père s’engueulait constamment avec tout le monde et que la famille de ma mère ne l’aimait pas vraiment, je n’ai jamais vraiment connu ma famille, sauf mes grands-parents. Mes cousins et cousines étaient tous plus vieux de plusieurs années aussi, parce que mon père a été conçu par accident 10 ans après sa plus jeune sœur. Mes oncles, mes tantes et leurs enfants sont donc un peu pour moi comme des étrangers. Ce genre de stratagème ne fonctionne pas parce que c’est comme me dire qu’il faut absolument que j’aille voir quelqu’un que je ne connais pas du tout avant qu’il meure. Ça ne sert à rien d’autre qu’à me faire sentir coupable et me donner l’impression que je suis une mauvaise personne qui refuse les souhaits d’un mourant. Un mourant qui n’a pas demandé de mes nouvelles depuis plus de 20 ans… Je me sens un peu méchante, mais non. Je ne suis pas une mauvaise personne.

            La nouvelle raison qu’elle avait trouvée était que je devrais aller faire le ménage de mes jouets d’enfants pour voir ce que je voulais garder ou pas et aussi chercher de la viande parce que mon père est un chasseur. Elle m’avait aussi proposé d’aller à la maison pendant qu’ils seraient en Floride. J’ai donc accepté et dit que j’irais faire ces choses pendant qu’ils seraient absents, en précisant que pour le moment c’est la seule chose dont je me sentais capable. Dix minutes après avoir raccroché le téléphone, il a sonné à nouveau et ma mère en pleurs m’a annoncé que mon père refusait que j’aille à la maison parce qu’il pensait que je ne reviendrais plus jamais si je faisais cela pendant qu’ils n’étaient pas là. Je ne sais pas si je serais revenue. Je sais que là, je n’irai plus. J’ai aussi dit pour la première fois à ma mère ce que je pensais de leurs comportements. Je les avais protégés tout ce temps ou presque, me révoltant parfois, mais ayant quand même un réflexe d’enfant parentifié qui a l’impression qu’il doit être la personne qui prend soin de ses parents, même si ceux-ci lui font du mal. Je lui ai dit au téléphone en tremblant debout dans ma cuisine. Je lui ai dit poliment aussi. Elle essayait de me faire croire que tout était « dans ma tête ». Je lui ai dit d’aller chercher de l’aide. .. que c’était ridicule qu’elle pense qu’après 9 ans de thérapie, alors qu’eux n’ont jamais été chercher de l’aide, c’était encore moi le problème… Elle m’a rappelée le lendemain pour s’excuser, mais je n’ai pas répondu.

            C’est fini.

            Mon vrai deuil peut commencer.

            J’ai également mis fin à deux amitiés qui n’étaient pas très bonnes pour moi. Elles n’étaient plus très bonnes, pour être juste… parce que ce sont deux personnes que j’ai beaucoup aimées et qui ont eu beaucoup d’importance pour moi même si à la fin c’était rendu plutôt moche.

            D’abord j’ai arrêté de parler à mon amie dépressive qui imitait tout ce que je fais. Elle s’achetait les choses que je m’achetais et d’autres comportements étranges comme cela… C’était rendu à un point où j’avais l’impression d’être dans Single White Female, mais je raconterai ça une autre fois, ça vaut un texte entier, ou une bande dessinée, qui sait ? Je dirai seulement que quelques jours après que j’aie arrêté de lui parler, elle a mis une photo sur Instagram qui ressemblait vraiment à une photo que j’avais mise quelques jours plutôt. Elle avait mis #nocopy #nojealousy ou quelque chose du genre… WTF ? C’est une personne à qui j’ai beaucoup donné et qui ne semble pas s’en apercevoir. Elle semble juste voir ce qui l’arrange en fait. J’ai fait beaucoup de voyages que je n’avais pas les moyens de faire pour aller lui rendre visite, parce que je savais qu’elle était très seule et que cela m’inquiétait. Je me suis endettée pour elle. J’ai aussi fini par faire un burn out parce que je n’étais pas habituée de voyager autant en même temps qu’être en surtâche au travail…. Je lui envoyais des encouragements, des articles, des programmes d’autocompassion, des trucs que j’avais appris en thérapie, des photos dont je pensais qu’elles la feraient sourire, je ne la faisais jamais attendre quand elle m’écrivait des messages et… mais elle ne semblait pas le voir ni l’apprécier. Quand j’apportais des surprises pour la remercier de m’avoir invitée chez elle, si j’oubliais d’aller chercher des brownies, même si j’avais apporté une tonne d’autres choses, elle me demandait toujours : « Où sont mes brownies ? ». Et si je disais que j’avais oublié elle demandait : « Comment ça ? ». Ce n’était donc pas seulement une blague. J’avais comme une obligation d’apporter les criss de brownies à chaque fois que je me présentais chez elle. Me faire dire que je ne pense qu’à moi après ça était le comble du ridicule… c’était même plutôt insultant… même si je sais que quand les gens vous insultent, ils parlent généralement de ce qu’ils refusent de voir en eux-mêmes. Elle m’a dit beaucoup de choses méchantes et injustes à la fin. Par exemple, elle s’était mise à suivre un de mes amis qu’elle ne connaît pas, et qu’elle n’a jamais vu de sa vie, sur Instagram. Je ne sais pas pourquoi. Quand je lui ai demandé pourquoi elle le suivait elle a juste ignoré la question… deux fois… C’est quand même bizarre quand les gens font ça. Est-ce qu’ils pensent que la question va s’échapper de notre cerveau et que nous ne penserons plus à leur comportement étrange ? Je ne sais pas. C’est inquiétant. Elle m’a aussi demandé si un de mes amis pouvait lui rendre service… elle avait aussi surveillé mon chien pendant que j’étais aller visiter une autre amie de Québec pendant que j’étais chez elle… pour me dire quelques semaines plus tard que je n’ai pas d’amis… c’est quand même aberrant… un autre beau cas de projection.

            J’ai aussi arrêté de parler à une autre amie qui était dans ma vie depuis huit ans. Je l’ai fait parce que j’étais tannée qu’elle me manque de respect et parce qu’elle pense que ses amis lui servent juste à patienter en attendant d’être en couple… elle était donc plus ou moins disparue dans sa nouvelle relation depuis deux ans…  À la fin elle m’a dit : « Tu vas voir, tu vas être correcte dans le monde sans moi »… Le fait qu’elle n’était plus vraiment présente depuis deux ans et que j’avais clairement « survécu » tout ce temps lui échappait complètement. J’ai trouvé ça profondément prétentieux. J’en parlerai plus une autre fois… peut-être… mais je veux des amis pour qui l’amitié est importante. Pas des amis qui me prennent comme bouche-trou en attendant de rencontrer quelqu’un avec qui être en couple.

            Ces événements m’ont fait comprendre que les autres sont plus importants pour moi que je le suis pour eux… du moins, dans ces amitiés-là…  mais oui, en général j’ai tendance à m’attacher plus et à donner plus de temps et à accorder plus d’importance à l’autre qu’il ou elle m’en accorde. C’est quelque chose que je dois travailler. Je pense que ça vient du fait que j’ai encore des problèmes d’estime de moi. Cet hiver sera consacré à améliorer cela, à essayer d’adopter des pratiques qui guérissent au quotidien et à trouver la discipline de les mettre en pratique sans faute dans ma vie. Je les connais, mais je tends encore trop souvent à retomber dans de vieilles habitudes qui me nuisent à la longue ou me font stagner.

            Même si ça m’arrive de me sentir seule un peu plus souvent, je sais que ce n’est pas vraiment vrai. J’étais en fait plus seule quand j’étais mal accompagnée, quand j’étais entourée de personnes qui ne voulaient pas nécessairement mon bien. Je me suis rendue compte à un moment donné que je restais en bonne partie dans ces relations parce qu’elles contribuaient à confirmer ma mauvaise estime de moi et que leur présence m’empêchait d’aller voir ailleurs en un sens. Tant que j’avais ces amies qui prenaient tant de place dans mon esprit, mais qui elles pensaient peu à moi, ça m’empêchait de chercher à faire de nouvelles rencontres et à élargir mon cercle d’amis. Je suis plutôt introvertie. C’était donc facile de m’occuper beaucoup seule et de me dire que je n’avais pas besoin de plus. Ce n’est pas vrai. J’ai besoin de personnes plus accueillantes, qui vont me poser des questions plutôt que de me juger, qui ne passeront pas leur temps à me chercher des problèmes ou des façons dont je suis inadéquate, qui ne riront pas de mes problèmes et ne les minimiseront pas.

            Samedi je vais parler de ce qui s’est passé de bien dans l’année et après je prendrai une pause de deux semaines pour revenir le 5 janvier.

            Bonne journée !

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